« Tous risques » reste l’une des formules les plus mal comprises du monde de la location, et pour cause : dans le langage commercial du comptoir, elle désigne rarement une couverture totale. Elle signifie le plus souvent une réduction de franchise, pas sa suppression, et encore moins une prise en charge de tout incident quel qu’il soit.
Ce que couvre réellement une formule « tous risques »
Dans la grande majorité des contrats de location, l’option dite tous risques réduit fortement, voire annule, la franchise applicable en cas d’accident responsable, de vol du véhicule ou de bris de glace. Elle couvre généralement les dommages causés au véhicule loué lui-même, ainsi que les tiers impliqués dans un accident. C’est un vrai confort financier : sans elle, un accrochage responsable peut coûter plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d’euros de franchise, une somme qui varie énormément selon la catégorie du véhicule loué.
Ce qui reste presque toujours exclu
Certains dommages échappent structurellement à ces formules, même les plus complètes. Les pneumatiques et les jantes sont fréquemment exclus, sauf option spécifique. Le dessous de caisse, souvent abîmé sur les routes non goudronnées, est presque systématiquement écarté des garanties standard. L’intérieur du véhicule, en cas de tache ou de brûlure de cigarette, reste à la charge du locataire dans la quasi-totalité des contrats. Enfin, un sinistre survenu alors que le conducteur n’était pas déclaré dans le contrat, ou que les règles de circulation ont été manifestement enfreintes, annule généralement toute prise en charge, quelle que soit l’option souscrite.
La clé de lecture
Avant d’accepter une option au comptoir, la question à poser reste toujours la même : que couvre exactement cette franchise réduite, et à combien s’élève la franchise résiduelle en cas de sinistre responsable ? Beaucoup de loueurs proposent plusieurs paliers, avec un tarif journalier qui grimpe à mesure que la franchise résiduelle baisse. Comparer ce montant plutôt que le seul intitulé commercial de l’option évite bien des déconvenues, car deux offres appelées « tous risques » chez deux enseignes différentes peuvent recouvrir des garanties très différentes.
Le cas particulier du vol et des clés
Le vol du véhicule fait l’objet d’une attention particulière dans la plupart des contrats : la prise en charge n’est généralement acquise que si les clés n’étaient pas laissées à bord, si le véhicule était correctement verrouillé et si un dépôt de plainte a été effectué dans les vingt-quatre heures suivant la constatation. Un véhicule volé avec les clés sur le contact, même par mégarde, expose presque toujours à une facturation intégrale de la valeur du véhicule, quelle que soit l’option souscrite. Ce type de clause, rarement mis en avant au comptoir, mérite d’être lu attentivement avant de signer, en particulier pour les locations dans des zones où le stationnement se fait sur la voie publique.
Vérifier avant de payer une double couverture
De nombreuses cartes bancaires haut de gamme incluent une assurance location de véhicule, activée automatiquement dès lors que la location est réglée avec cette carte. Cette couverture reprend souvent, sur le fond, ce que propose l’option payée au comptoir, ce qui revient à payer deux fois la même protection. Un appel rapide au service client de sa banque avant le départ permet de vérifier l’étendue exacte de cette garantie intégrée, et parfois d’économiser une option pourtant proposée avec insistance à l’agence.
La Fédération professionnelle France Assureurs publie régulièrement des repères sur les garanties automobiles standards, utiles pour comparer ce que recouvre réellement une formule avant de la souscrire une deuxième fois sans le savoir.
Pour ceux qui envisagent plutôt l’achat d’un deux-roues d’occasion que la location répétée, notre rubrique Deux-roues & Loisirs détaille les leviers de négociation qui font vraiment baisser le prix.



